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SOUVENIR

Une ombre de toi-même
Depuis quand es-tu une ombre de toi même,
L'ombre qui saigne et qui ne tache pas,
Un fantôme qui arrive soudain
À l'aube, et part, silencieux?
À quoi sert ton sourire de fer-blanc
Si tout coule dedans?

À quoi ça sert d'égayer les rides
Si tes yeux sont vides en face des tiens ?
Pourquoi brûles-tu les feuilles jaunes
De ta vie dans ce feu dévorant?
Pourquoi s'efforcer à embrasser
Ce cancer trompé?

Jusqu'à quand faut-il attendre
Sans rien entendre, jusqu'à ce qu'il arrive
Les jours de tes yeux d'émeraudes
Les jours de musique dans les halles
De ta fuite de la ville invisible
Où tu restes captive?
- - - - -
¿Desde cuándo eres una sombra de ti misma,
la sombra que sangra sin manchar,
un fantasma que llega súbitamente
al alba, y desaparece silencioso?
¿Para qué sirve tu sonrisa de hojalata
si todo se desmorona dentro?

¿Para qué sirve alegrar las arrugas
si tus ojos están vacíos ante a los tuyos?
¿Por qué quemas las hojas amarillas
de tu vida en ese fuego devorador?
¿Por qué empeñarse en abrazar
ese cancer equivocado?

¿Hasta cuándo hay que esperar
sin oír nada, hasta que lleguen
los días de tus ojos de esmeralda
los días de música en los mercados
de tu huída de la ciudad invisible
en la que estás prisionera?